Le nouveau dossier intitulé « Les banques belges refusent les paiements liés à Cuba » le montre clairement. Nos banques cèdent aux pressions des États-Unis.
Les manœuvres politiques de Trump visent Cuba. Il impose à Cuba un embargo total sur les livraisons de pétrole et parle ouvertement d'une prise de contrôle de l'île. Le fait que Cuba subisse depuis plus de 60 ans un blocus économique et financier imposé par les États-Unis n’a fait l’objet que d’une attention sporadique dans les médias, mais constitue une dure réalité pour les Cubains. Le fait que nos banques soient activement impliquées dans le blocus financier contre l’île reste totalement méconnu. Que penser d'autre de ce qui suit ! En septembre 2025, la « Coordination pour la levée du blocus contre Cuba » a remboursé la somme de 57,48 € à une bénévole qui avait avancé les frais d’impression de tracts, avec la mention « Cuba flyers 09 25 ». La banque de la bénévole lui a fait savoir que le paiement avait été refusé. Malheureusement, ce n’est pas un cas isolé et ce n’est certainement pas une coïncidence. Notre réseau a recensé l’année dernière plusieurs cas similaires, où la simple mention du mot « Cuba » suffit à bloquer un paiement. La raison : les banques considèrent Cuba comme un pays à risque faisant l’objet de sanctions internationales.
En y regardant de plus près, on constate que ni les Nations unies ni l'Union européenne n'ont décrété de sanctions contre Cuba. Seuls les États-Unis interdisent à leurs entreprises d'entretenir des relations économiques et financières avec Cuba. De plus, les États-Unis ont inscrit Cuba sur leur liste, établie de manière unilatérale, des pays soutenant le terrorisme international, une affirmation que leur propre administration conteste d'ailleurs. De plus, les États-Unis exigent, sous peine d'amende, que les entreprises étrangères respectent également ces sanctions. Ces deux mesures ont pour conséquence néfaste de dissuader les entreprises et les institutions financières d'établir des relations avec Cuba.
Cette politique dissuasive porte ses fruits. Les banques belges appliquent des règles de prévention inutilement strictes et irresponsables, même si les arguments contraires ne manquent pas.
Le 29 octobre 2025, l’Assemblée générale des Nations unies a condamné pour la 33e fois le blocus américain contre Cuba. L'Union européenne se prononce également à chaque fois en faveur de la levée du blocus, car celui-ci viole le droit international et la souveraineté de l'UE.
De plus, depuis l'adoption de la loi dite « Blocking Statute » en 1996, l'UE interdit l'application des lois sur les sanctions de pays tiers. Ou, pour reprendre les termes de la ministre de l'époque, Sophie Wilmès, en réponse à une question parlementaire le 13 juillet 2021 : « Le règlement interdit plus précisément le respect de cette sanction, ainsi que toute coopération avec les autorités ou les tribunaux américains dans ce cadre. Les citoyens ou les entreprises européens qui respectent néanmoins cette sanction peuvent être tenus pour responsables ».
Les banques acceptent sans réserve la classification des États-Unis qui désignent Cuba comme un pays soutenant le terrorisme. Elles feraient mieux d'aligner leur politique sur celle du GAFI-Groupe d'action financière, une organisation intergouvernementale chargée de lutter contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme. En janvier 2024, le GAFI a estimé que Cuba n'avait pas sa place sur la liste grise des pays faisant l'objet d'une vigilance accrue. Au contraire, le GAFI a revu à la hausse une note précédemment attribuée.
On dirait que les banques se croient intouchables et se placent au-dessus des lois. Le Trésor et la Banque nationale de Belgique, qui assurent la surveillance des banques, restent évasifs, tout comme le ministre des Finances. En réponse à des questions parlementaires, Jan Jambon a déclaré que « les banques et leurs sociétés mères étrangères mettent tout en œuvre pour trouver une solution pragmatique ». Ce que le ministre appelle du pragmatisme revient en pratique à permettre aux banques de refuser, en violation de la loi, les paiements liés à Cuba. Cela ressort très clairement du dossier « Les banques belges refusent les paiements liés à Cuba – 2025 » que nous avons envoyé au ministre. Nous mettons au défi le ministre, le Trésor et la Banque nationale de démontrer clairement que nous avons tort.
Vous trouverez le dossier complet ici.
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| Dossier 2025: Les banques refusent des paiements liés à Cuba | 682 KB |